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Association Citoyenne de Saint-Pierre, Ile de la Réunion
Des habitants de St-Pierre et de l'île de la Réunion, qui s'expriment. Exceptionel à La Réunion, une association environnementale libre et indépendante (non subventionnée ni liée à quiconque !)

OUI à la Réunion, patrimoine mondial UNESCO. MERCI à toutes et tous qui par leur courageuse et historique mobilisation ont permis la REINTEGRATION de la Plaine des Sables dans le BIEN à classer et veillent à sa préservation. VIGILANCE ! THANK YOU. Merci de nous aider par votre adhésion. VIDEOS : www.youtube.com/channel/UC3-iNdvmvK-bWlMnbYiG4jw et http://www.dailymotion.com/ACSP

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Le projet d'arrêté "Cétacés" à La Réunion : une mascarade !

La position de l'Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION



Jeune baleine respirant paisiblement. Regards mutuels baleine-observateur.


Le mardi 4 juin 2019, en fin d’après-midi, la préfecture de la Réunion fait parvenir ce communiqué aux médias locaux.


COMMUNIQUE DE PRESSE

Projet d’arrêté portant réglementation de l’approche et de l’observation des cétacés à La Réunion

La Réunion a le privilège d'accueillir dans ses espaces maritimes des cétacés, baleines et dauphins, donnant l'occasion de spectacles extraordinaires. Les baleines à bosse, en particulier, sont présentes à un stade sensible de leur cycle de développement (reproduction, mise bas, repos). Il est important de garantir des conditions d'observation respectueuses de ces animaux tout en assurant un risque limité pour celles et ceux qui s'en approchent.

Une concertation approfondie des différents partenaires de l'observation des cétacés a permis de préparer un projet de réglementation contribuant à mieux répondre à ces objectifs. Le moment est venu d'élargir cette consultation à toute la population pour que la voix de chacun puisse être entendue sur ce sujet particulièrement suivi.

Le préfet de La Réunion souhaite recueillir l’avis du public.

Ainsi, vous pourrez participer à la consultation du 5 au 11 juin 2019 en cliquant sur le lien suivant http://www.reunion.gouv.fr/projet-d-arrete-portant-reglementation-de-l-a5338.html ou en envoyant vos contribuions à l’adresse mail am.dm-soi@developpement-durable.gouv.fr

 

L’Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION exprime son avis sur ce projet d’arrêté.

 

1/ Ce communiqué évoque une « concertation approfondie des différents partenaires de l'observation des cétacés ».

 

Ceci est inexact.

En effet, notre association qui œuvre depuis une vingtaine d’années en faveur de la préservation de l’Environnement (au bénéfice de toute la population et pas pour des intérêts particuliers), avait :

- dés le 28/10/2018 écrit au ministre de la transition écologique avec AR, pour demander que notre association soit associée à la réflexion s'il devait y avoir évolution de la charte existante.

- le 15/01/2019, renouvelé cette demande par l’intermédiaire de la sous-préfecture de Saint-Pierre

Ce genre de pratique d’exclusion d’association Réunionnaise engagée et non subventionnée, exclusion opérée par la DEAL de la Réunion, est contraire aux propos et engagements du Président de la République Française.

  

2/ La « consultation publique » à la sauce locale. Une mascarade.

 

Le communiqué annonce la veille, une "consultation publique" du 5 juin au 11 juin 2019, soit sur 7 jours, avec un projet d'arrêté déjà ficelé !

 

Le procédé est encore pire que pour la « consultation publique » « Demande dérogation espèces protégées - transport, détention et utilisation d’une espèce animale protégée Busard de Maillard (Circus maillardi) » en faveur du porteur du projet de zoo nommé « bioparc » avec privatisation de 8,5 ha de forêt publique d’Etang-Salé, qui elle, avait duré 16 jours, du 6 au 21 avril 2018.

Consultation publique dont le résultat n’a jamais été publié sur le site de la DEAL !

(http://www.reunion.developpement-durable.gouv.fr/demande-derogation-especes-protegees-transport-a734.html)

Il faut savoir que l’Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION a argumenté au Centre du Patrimoine mondial (UNESCO) pour s’opposer à cette dérogation, que le CSRPN (Conseil scientifique régional pour la protection de la nature) local avait pourtant osé valider.

 

Chacune, chacun, comprendra que cette « consultation publique » est un simulacre de démocratie, une vraie mascarade.

 

3/  Ce projet d’arrêté va à l’encontre de l’Education.

 

On légifère, on multiplie les arrêtés, et on judiciarise l’accès au milieu naturel alors qu’une charte est déjà en place et qu’il est incontestable que les pratiques se sont améliorées au fil du temps, grâce 

- à une meilleure information

- à l’expérience des observateurs acquise du fait justement de l’observation aquatique qui permet de mieux anticiper les comportements animaux

 

Cette réglementation qui remplace la charte privilégie l’interdiction et la sanction en lieu et place de l’Education.

Il faut croire qu’il y a pléthore d’agents de l’Etat à la Réunion pour passer leur temps en mer à observer les observateurs de baleines.

 

Ce projet reprend certaines préconisations de bon sens, mais il présente des incohérences qui ne sont pas acceptables.

 

Sous couverture classique « protection des cétacés »,

 

il interdit de fait l’observation aquatique dès 13h, et limite l’observation en surface à très grande distance ce qui pénalise le public passionné qui va à l’eau, aussi bien que celui qui n’y va pas.

 

Le point 6. De l’article 3 précise :

« La mise à l’eau est autorisée chaque jour jusqu’à 13 heures. »

L’article 1 précise :

« Chaque jour à partir de 13h00, cette distance est portée à 300 mètres (à l’approche de tout cétacé). »

(tout bateau doit être éloigné d’au moins 300 m)

 

En clair, il serait donc interdit de se mettre à l’eau en pleine mer à partir de 13h.

Déjà, il est interdit de se baigner dans la zone des 300 m à partir du littoral. Donc, suivant cet arrêté, même au-delà des 300m, il serait interdit d’être à l’eau et un cétacé (dauphins et autres baleineaux) curieux aurait interdiction d’approcher un baigneur !

Ira-t-on jusqu’à verbaliser ces cétacés trop curieux ?


Cette limitation horaire jusqu’à 13h n’a aucun fondement scientifique.

 

Il n’a jamais été prouvé que l’observation aquatique occasionne un impact important sur les cétacés, dauphins et baleines.

Il faut préciser que l’observation aquatique n’intéresse pas tout le monde. Elle concerne une population généralement déjà sensibilisée, réceptive à la préservation de l’Environnement.

 

Tous les observateurs aquatiques expérimentés savent très bien qu’une approche calme et en silence est parfaitement compatible avec l’animal. Et c’est même le baleineau, qui lorsqu’il est suffisamment gros, fait le show par ses vrilles devant les observateurs lorsqu’il monte respirer.


Baleineau curieux qui vient respirer.
 

Il y a pléthore d’images qui montrent des animaux paisibles en présence d’humains.

Chaque animal est différent évidemment, et s’il n’accepte pas de présence humaine, il s’éloigne très vite d’un simple coup de caudale.

On voit bien là le rôle de la transmission des bonnes pratiques, ce qui est bien plus valorisant pour la population que l’interdiction méprisante.

L’observation aquatique (que l’on tente de faire passer comme gênante) a-t-elle empêché le retour des baleines ? La réponse est non.

En résumé, une observation aquatique raisonnée et responsable est tout à fait acceptable.

 

Cette limitation horaire jusqu’à 13h est un non-sens.

 

Cette période de la journée est la plus lumineuse, et le début d’après-midi présente de fait une excellente visibilité et favorise la sécurité dans l'eau.

Seule une tête qui n’a pas l’expérience de l’observation aquatique a pu pondre une proposition pareille !

 

Cette limitation horaire à 13h présenterait de plus un effet pervers.

 

L’observation aquatique est devenue un atout touristique et économique important pour la Réunion. Au point qu’il est quasi-impossible de trouver une place chez un professionnel si l’on n’a pas réservé très longtemps à l’avance, ce qui démontre son poids économique.

De fait, limiter l’amplitude horaire, de plus en saison hivernale locale où les journées sont plus courtes, conduira à l’effet pervers d’accentuer la fréquentation et donc la concurrence d’observateurs sur une durée plus courte.

Ceci ne va de toute évidence pas dans le bon sens car ne peut que générer de nombreux conflits, stress et frustrations, ce qui va desservir l’image de la Réunion.

 

L’Etat a-t-il pour rôle de privilégier quelques sociétés commerciales au détriment des loueurs de bateaux qui sont aussi des acteurs économiques mais qui, eux, permettent cependant aux observateurs amateurs locaux de mutualiser les coûts.

Il est de notoriété publique que les sociétés commerciales proposant l’activité aquatique pratiquent des tarifs inaccessibles à une partie importante de la population de l’île dont près de la moitié vit sous le seuil de pauvreté.

 

La limitation horaire à 13h est simpliste et finalement contraire à un objectif d’observation apaisée.

 

L’objectif « protection des cétacés » est fallacieux.

 

En effet, de façon surprenante ( ?) (Les Réunionnais se feront leur propre opinion), ce projet d’arrêté occulte

- l’activité « jet-skis » bruyants naviguant à pleine vitesse sur l’océan en pleine saison des baleines

- celui aussi des navettes incessantes des gros bateaux de sociétés touristiques dont le bruit des moteurs existe bel et bien
- les drones nombreux parfois bien bas sur les têtes des observateurs et sur les baleines.


Pour ce qui est du risque en milieu naturel, soyons sérieux, le risque zéro n'existe nulle part, pas même chez soi. Le risque dans l'observation aquatique des cétacés est bien moindre que celui permanent sur les routes, celui des activités de haute montagne, et même celui dans les campagnes françaises avec les nombreux accidents de chasse, activité accidentogène majeure pourtant non remise en cause !

 (https://www.ledauphine.com/france-monde/2018/09/05/en-2017-2018-les-accidents-de-chasse-ont-fait-13-morts-en-France



L'article 4 ?

«Toute demande de dérogation au présent arrêté, fondée notamment sur un motif scientifique, pédagogique ou artistique, doit être soumise à l’autorité administrative signataire du présent arrêté. »

 

A qui profite donc ce projet d'arrêté ?
Inutile de faire un dessin ...
L’accès au milieu naturel est de jour en jour restreint pour la majorité des Réunionnais.

 

Cet arrêté de fait dénigre la population Réunionnaise, en la jugeant inapte à apprendre, comprendre, et à se comporter en milieu naturel.

Nous refusons de cautionner l’INFANTILISATION de notre population.

 

Cet arrêté, en limitant drastiquement la bonne observation des mammifères marins pour la majeure partie de la population, a pour effet de maintenir cette population dans l’ignorance pour préserver des privilégiés qui auront beau rôle de « sensibiliser » ...

Comme certains commentaires le prouvent, la méconnaissance du comportement aquatique des baleines est manifeste chez certaines personnes qui critiquent sans expérience. Raison de plus pour développer l'information et l'observation en milieu naturel !

 

Maintenir dans l’ignorance pour dominer, voilà la stratégie.

En effet, comment argumenter lorsque l’on ne connaît pas ?

 

Nous refusons donc cet arrêté dont le projet a été élaboré « en missouk » et on comprend bien pourquoi. Non à l’INTERDICTION et à la REPRESSION sous couverture écolo …

 

A la place, nous demandons le maintien de la charte existante avec développement du volet PEDAGOGIQUE. De l’EDUCATION !

 

Le meilleur moyen durable de protéger les cétacés et autres animaux sauvages, est justement de favoriser et de développer l’observation des animaux sauvages et libres, en milieu naturel, tout en expliquant les bons comportements !

 

L’observation aquatique est un atout pédagogique majeur pour la jeunesse Réunionnaise, l’émotion qu’elle procure présente un pouvoir de sensibilisation sans pareille.

Et c’est comme cela que l’on suscite des vocations pour notre jeunesse Réunionnaise.

L’arrêté ne fait que réduire cet atout.

 

Or c’est par le bon exemple et la démonstration que l’on apprend.

C’est cela la voie de la responsabilisation.

Le volet pédagogique de la charte existante doit donc être accentué.

 
L'observation aquatique paisible et harmonieuse est possible !

C'est donc l'Education en milieu Naturel qu'il faut développer et privilégier pour reconnecter l'Humain à la Nature.

L'Education à l'Environnement se fait en milieu naturel, PAS avec des animaux en prison.


Nous refusons le processus de déconnection de l'Humain Réunionnais de son milieu Naturel en l'infantilisant pour l'amener tel un mouton vers les temples de la consommation, les loisirs et activités payantes, et la nature en boîte des zoos, avec leur matraquage médiatique.


acsp le 10.06.19 à 22:44 dans Nature Faune Flore Infos - Version imprimable
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